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Les concepts du Maître des lames (Hybride)

texte officiel 25/02/2009 par Philippe Villé

La boîte de compagnie des Immortels dirigée par le bureaucrate impérial Cheng Xiao-Chen, se compose de deux paysans, d'un porteur d'âmes, de deux maîtres des lames, de deux sentinelles impériale, de la prêtresse nagâ Kuan Lin et du lémure Xian.

Cette boîte de compagnie sera disponible en boutique à partir du 27 février.

Les concepts du Maître des lames sont l'œuvre de Betrand Benoît.

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Concept final


Le Maître des lames par Thomas Cheilan


Aux frontières de Diyu, tous les villageois de Ping Zhou étaient rentrés en révolte. Les paysans ne cultivaient plus les terres et conservaient les fruits de leur labeur sous bonne garde.
Cette nouvelle attristait le fonctionnaire damné en charge de l'autorité du district, car les champs cause du litige produisaient de bonnes récoltes destinées à la capitale. Comment réagiraient les mandarins si le tribut annuel n'était pas versé ? À coup sûr, ils trouveraient un responsable à châtier...
Pour faire cesser le trouble et sauver sa tête, le fonctionnaire avait réuni une petite milice et encerclé le village rebelle.

Cependant, même accompagnés de quelques sentinelles démons, les combattants n'étaient pas assez nombreux pour prendre la place sans subir des pertes importantes.

Averti de la situation, un maître des lames marqué par les stigmates des enfers vint en renfort de la troupe. Celle-ci fut réjouit, en l'apercevant arriver de loin. Les bras croisés sur le torse, il avançait sur le sentier porté par deux de ses grandes tentacules.
Les traits particulièrement durs de son visage évoquaient un tempérament ferme et déterminé.
« Avec lui, pensa le fonctionnaire, l'ordre sera rapidement rétabli et je conserverai mon poste. »

Mais c'est à peine si l'immortel s'enquit des forces à disposition. Il ne passa guère la compagnie en revue, ni ne flatta la bravoure de ses compagnons d'arme comme le fait un allié avant de passer à l'assaut. Tout ce qui semblait le préoccuper, c'était la position frontalière de Ping Zhou. Il informa le fonctionnaire de son intention d'ouvrir des pourparlers avec les villageois et partit à leur rencontre.

Le maître des lames fut accueilli dans la grande bâtisse centrale où avait lieu habituellement les conseils et les cérémonies. Un grand nombre de paysans en armes y était réuni.
Ils semblaient avoir reçu un entraînement martial rigoureux, ce qui n'échappa pas à l'immortel. Il se mit en position du Lotus au milieu de la pièce, les tentacules flottants alentour et l'épée au coté. En silence, il dévisagea un à un tous les membres de l'assemblée présente en attendant la venue du chef du village.

Celui-ci finit par se montrer. Il prit place, parmi les autres, sans entamer la discussion.
« J'ai grand soif, fit le maître des lames. On m'a dit que les greniers de cet endroit regorgeaient de richesses. À quoi bon partir en révolte, si lorsqu'on dispose des meilleures récoltes du district, on continue à pratiquer l'ascèse. »

L'hésitation se lisait distinctement sur le visage du chef. Il s'absenta un long moment avant de revenir et d'ordonner qu'on donne à boire et à manger au visiteur.

L'immortel se mit à ripailler seul au milieu des villageois. Or les paysans de Diyu ne rompent le jeûne qu'une fois l'an, lors du Pudu de Zhongyuanjie, le banquet de la fête des morts affamés. Assister à ce spectacle était donc pour eux une torture atroce.

Comme le mécontentement gagnait peu à peu l'assemblée et que l'invité ne semblait pas pressé de finir son festin, le chef se décida enfin à l'interroger : « Nous t'avons payé avec notre bien le plus précieux, donne-nous, à ton tour, un gage de confiance. »
À ces mots, le visage de l'immortel se fendit d'un grand sourire jovial, comme si la glace venait d'être brisée. Il exposa en détail les positions et le nombre d'assaillants qui assiégeait le village. Il suggéra de plus quelques manœuvres habiles pour se débarrasser de l'ennemi sans subir de pertes.
« Voilà un allié providentiel, se dit le chef ». Mais la suspicion restait de mise, et il demanda au maître des lames d'expliquer ses motivations.
Celui-ci parla sans retenu : « Je suis un vivant descendu aux enfers pour suivre les enseignements de la Maison de Jade et protéger le domaine du roi Yanluowang contre ses ennemis. Les cheveux et la barbe poussent mais l'usure du temps ne se fait pas sentir ici-bas. Alors pendant des siècles j'ai suivi la philosophie des purs et la voie montrée par mon maître... Selon lui, c'est l'esprit qui permet de remporter un combat, non pas la maîtrise parfaite de l'épée. Mais j'ai échoué dans mes recherches. J'ai tué l'ennemi lorsque j'étais le plus fort ou le plus traître. J'ai évité la confrontation, chaque fois que mon adversaire me surpassait. Las de mes échecs, j'ai abandonné mon serment d'allégeance à la Maison de Jade. Depuis je vis dans l'excès, je mange à outrance et recherche tous les plaisirs susceptibles de me satisfaire. Pour cette raison mon corps a subi la métamorphose. Mais je m'amuse, voilà tout ce qui compte. Si vous tuez tous vos assaillants, personne ne saura que j'ai trahi. Si vous perdez la bataille, nous sommes proches de la frontière : je pourrai aisément me sauver loin de Diyu.
La seule leçon à retenir de l'existence, c'est qu'il ne faut jamais se priver de l'opportunité d'un bon repas. »

À ces mots, l'assemblée présente céda à l'agitation. Les damnés avaient écouté attentivement le discours du maître des lames tout autant qu'ils avaient envié chacune des bouchées avalées.
Un grand gaillard vint exiger qu'on ouvre les greniers. « Hors de question, s'écria le chef du village, nous devons conserver les récoltes comme monnaie d'échange pour obtenir notre liberté ! ».
Mais les paysans affamés se ruèrent dans les réserves et ivres de joie commencèrent à préparer un grand festin.

Désespéré par la situation et ne sachant que faire, le chef de village courut se réfugier dans une petite maison à l'écart des autres. Cependant, dans la confusion générale, personne ne surveillait l'immortel qui le suivit sans encombre. Ses tentacules firent voler un des mur de la bâtisse en éclat, et d'un seul geste il décapita le grand démon rouge qui se cachait à l'intérieur.

« À l'aube, les paysans seront ivres et repus. Nous prendrons le village sans difficulté, fit l'immortel en rengainant sa lame.
-Alors tout ce que tu as dit n'était que mensonge ? demanda le chef de village, dépité.
-Au contraire, tout ce que j'ai raconté sur ma vie est vrai. J'ai simplement omis de dire qu'il m'a fallu abandonner la Maison de Jade pour enfin parvenir à mettre en pratique les leçons de mon maître. J'observe le terrain et l'ennemi qui s'y cache, je mime ses méthodes dans ma chair même, me rendant coupable de tous ses pêchés, et ainsi, par l'esprit je remporte la victoire. »

Le village fut prit sans effusion de sang. Les paysans retournèrent à leur labeur et l'immortel attacha le chef dans une charrette pour l'envoyer à la capitale où il serait jugé pour ses crimes. Le fonctionnaire du district s'approcha d'eux pour obtenir des explications.

« C'est très simple, fit le maître des lames. Un village frontalier suscite toujours la convoitise de l'ennemi. La révolte qui y gronde est d'autant plus suspecte. J'ai vu que les paysans avait reçu un entraînement pour la guerre. Voilà qui renforçait l'hypothèse de la présence d'un espion se jouant de nous. Quand j'ai réclamé à manger et à boire, le chef du village a hésité à me satisfaire et il a pris sa décision après s'être absenté. Voilà qui suggérait comment un autre lui soufflait en fait ce qu'il devait faire. Mais ma demande fut exaucée, je sus alors que le démon pensait pouvoir m'acheter de cette manière, comme il avait utilisé la récolte comme prétexte pour créer la confusion. J'en fis de même à son encontre. Les paysans avaient un comportement étrange, ils se trouvaient en révolte, sans pour autant profiter de leur bien. Et quand le chef dit qu'il voulait le troquer contre leur liberté, je fus sûr de mon affaire. Une idée aussi grotesque ne pouvait venir que d'un étranger. »

Le maître des lames avait parlé en toute sérénité, les bras croisés sur le torse, les tentacules flottant au vent. Il semblait particulièrement satisfait du dénouement de cette histoire, au contraire du fonctionnaire damné dont les yeux roulaient en tous sens dans les orbites.

« Mais... dit le fonctionnaire, la récolte est gâchée car les villageois ont tout dévoré durant la nuit. Qu'allons-nous faire ?
- À la guerre, il n'y a pas de demi-sacrifice, répondit le maître des lames. Et toi tu vas monter dans cette charrette pour aller expliquer au roi comment tu as laissé un démon ennemi fomenter une révolte au sein de notre bon peuple. »

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Commentaires


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26/02/2009 par Micka

Il n'y a décidement rien à jeter dans cette boite! Magnifique!

25/02/2009 - La claaasse
par Luhran

J'adore le style du personnage, j'attend de voir le green avec impatience ^^

25/02/2009 par rainmaker

Absolument superbe...